taylorhe[1]

Pas encore

 

Il viendra peut-être ce jour où, dans un fauteuil,

          je me perdrai lentement du regard,

où, immobile à l’orée d’un champ, au bout d’un rue

          que je ne pourrai reconnaître,

je tenterai de retrouver le souvenir qui semblerait

          faire que longue vie vaille d’être vécue,

 

mais aujourd’hui, presque assoupi  dans le midi, j’ai

          cillé, juste le temps d’apercevoir,

sautant ma clôture, leurs pattes fines effleurant le chemin,

          six daims apparaître

de nulle part, se fondre dans le sous-bois en une

          pureté de style absolue.

 

 

Traduit de l’américain par Jean Migrenne

In, « Henry S. Taylor : L’Ecuyer du temps »

L’Arbre, chez Jean Le Mauve, La Ferté-Milon (Aisne), 1989