dylan_young[1]

La lumière point là où le soleil ne brille pas

 

La lumière point là où le soleil ne brille pas

Là où la mer ne s’étend pas, les eaux du cœur

Epandent leurs marées.

Et, spectres brisés, des vers luisants plein la tête,

Les choses de lumière

Passent à travers la chair là où la chair n’habille pas les os.

 

Une chandelle dans les cuisses

Echauffe la jeunesse et la graine et brûle les graines de la vie.

Là où la graine ne lève pas

Le fruit de l’homme s’ouvre dans les étoiles

Brillant comme une figue.

Là où la cire n’est pas, la chandelle montre ses cheveux.

 

L’aube point derrière les yeux.

Des pôles du crâne et de l’orteil, le sang venteux

Glisse comme une mer.

Ni clôturées, ni jalonnées, les giclées du ciel

Fusent à la verge

Révélant dans un sourire l’huile des larmes.

 

La nuit dans les orbites arrondit

Comme une lune de poix la limite des globes.

Le jour éclaire l’os.

Là où le froid n’est pas, la morsure des vents fait tomber les

     épingles

Qui retiennent les robes de l’hiver ;

La taie du printemps pend au bord des paupières.

 

La lumière point sur des lots secrets

Sur des crêtes de pensée où les pensées sentent dans la pluie.

Quand meurent toutes les logiques

Le secret de la glèbe pousse à travers l’œil

Et le sang saute dans le soleil.

Au-dessus des lopins incultes l’aube fait halte.

 

Traduit de l’anglais par Patrick Reumaux

In, « Dylan Thomas : Œuvres, T.I, Editions du Seuil, 1970

 

Du même auteur :

La colline aux fougères / Fern Hill (12/03/2016)

« Surtout quand le vent d’octobre… » / Especially when the October wind…” (30/12/2017)

De son anniversaire / On his birhtday (30/12/2018)

“ La force qui pousse la fleur... ”/ “ The force that through the green…” (30/12/2019)