marceline_desbordes-valmore[1]

Les roses de Saadi

 

J'ai voulu ce matin, te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. 

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.

La vague en a paru rouge et comme enflammée. 

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée :

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

  

Poèmes inédits, 

Jules Fick, Genève, 1860

 

 

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