patrice_kayo[1]

En attendant l’aurore

 

La nuit étend encore son champ de larmes.

Nos yeux se lassent de guetter l’aurore,

et l’avenir hésitant comme l’océan,

moutonne d’incessants frissons.

 

Le tunnel s’élance on dirait infini.

Et dès qu’on croit en entrevoir le bout,

on réalise que le chemin reste entier

et qu’il est aussi long que le premier matin.

 

Pourtant nous marchons  nuit et jour

sur ce chemin gorgé du sang de nos martyrs,

et des ronces qui lacèrent  nos chairs,

nous tissons des bouquets d’espérance.

 

Vers la grande cité fraternelle,

comme un torrent que rien n’arrête,

enjambant les murs de renaissantes tyrannies,

nous marchons , pionniers des jours nouveaux.

 

En attendant l’aurore,

Editions Clé, Yaoundé, 1988