20 décembre 2014

Donatella Bisutti (1948 - ) : Violence

Violence   Anges vêtus de fil barbelé   Anges aux langues arrachées anges privés de cri                * Faire gicler le sang.                  Il gicle sur le mur                sur les habits des curieux                sur la... [Lire la suite]
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19 décembre 2014

Alan Botrel (1954- ) : Une fois encore

Une fois encore   J’ensevelirai jusqu’à mon silence sous la terre d’une pauvre éternité - c’est là, je le jure, mon seul désir ce soir – et mon rire cruel, depuis toujours luttant en moi, éloignera peines et malheurs.   Dormir sans fin sous une terre fertile, cœur libéré de toute angoisse, s’effondrer dans la brassée d’oubli des racines sèches des ifs brûlés qui chantonnent dans le traître avenir.   Freux crépusculaire, plus vieux chanteur, coasse tout ton saoul, coasse toujours, pour moi, maigre ... [Lire la suite]
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18 décembre 2014

André Velter (1945 - ) : Sur un thème de Walt Whitman

Sur un thème de Walt Whitman A François Chaumette        J’avance au-dedans de moi et me voilà très au-delà,      déjà largué plus loin que la mémoire, plus loin que ce que je vois      comme un amnésique aux yeux éblouis qui filerait droit en dansant      sur la ligne d’infini où la peau et les os s’accordent un vrai baiser de sable.        Ce n’est pas rien d’être ce mouvement violent aux lèvres du néant, ... [Lire la suite]
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17 décembre 2014

Henri de Régnier (1864 – 1936) : « Si j'ai parlé / De mon amour … »

Si j'ai parlé De mon amour, c'est à l'eau lente Qui m'écoute quand je me penche Sur elle ; si j'ai parlé  De mon amour, c'est au vent  Qui rit et chuchote entre les branches ;  Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau  Qui passe et chante  Avec le vent ;  Si j'ai parlé C'est à l'écho,   Si j'ai aimé de grand amour, Triste ou joyeux, Ce sont tes yeux ; Si j'ai aimé de grand amour, Ce fut ta bouche grave et douce, Ce fut ta bouche ; Si j'ai aimé de grand amour, Ce furent ta... [Lire la suite]
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15 décembre 2014

Jean – Luc Parant (1944 -) : Le monde de l’homme

Le monde de l’homme        L’homme est le monde et le monde existe devant lui parce - qu’il existe devant le monde. Quand il touche ce que ses yeux voient il touche              ses propres yeux et il fait la nuit sur son corps et sur le monde. L’homme se touche pour toucher le monde, et le monde tout entier le recouvre complètement.      Chaque homme voit ce que l’autre ne voit pas parce qu’il n’y a pas un seul... [Lire la suite]
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10 décembre 2014

Françoise Hàn (1928 - 2020) : Notes en marge

Notes en marge   De l'ouvert on ne parle pas   Les peintres chinois devant l'ouvert tracent d'un pinceau léger une calligraphie   La nuit parfois dans l'absence de couleurs (mais c'est une image grossière)   L'impossible n'est pas l'ouvert   ce qui reflue des rives de l'été quand la lumière vacille n'est pas l'ouvert ce qui paraît au-delà de la musique de l'amour des grands pavots silencieux n'est pas l'ouvert   car dans la musique dans l'amour dans les fleurs circule... [Lire la suite]
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09 décembre 2014

Pier Paolo Pasolini (1922-1975) : « Il suffit d’un instant de paix …» / « Un po’ di pace basta… »

  Il suffit d’un instant de paix pour révéler, au fond du cœur, l’angoisse, limpide comme le fond de la mer   par un jour de soleil. Tu en reconnais, sans la ressentir, la souffrance, là, dans ton lit, poitrine, cuisses   et pieds relâchés, tel un crucifié – ou tel Noé qui rêve en son ivresse, et, naïf, ignore   la joie de ses fils, tandis que ceux-ci, si puissants, si purs, se moquent de lui… le jour est désormais sur toi,   dans la pièce, comme un lion dormant.   Par quels chemins... [Lire la suite]
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08 décembre 2014

Charles Ngandé (1934-) : Indépendance.

      Indépendance   Nous avons pleuré toute la nuit Jusqu’au chant de la perdrix Jusqu’au chant du coq Nous avons pleuré toute la nuit O Njambé tu étais pourtant là Quand on coupait les oreilles Quand on coupait le cordon ombilical de notre clan Quand on fracassait le crâne de notre Ancêtre Quand on brûlait le chasse mouche de notre aïeul Ina ô ô ô  ô ! Où retrouver la tombe de l’Ancêtre Perdus nous étions comme un mouton qui casse sa corde. Ina ô ô ô  ô ! Dans quelle source... [Lire la suite]
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07 décembre 2014

Francis Jammes (1868 -1938) : j’aime dans le temps

J’aime dans le temps   J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse,  l’écolière des anciens pensionnats,  qui allait, les soirs chauds, sous les tilleuls  lire les magazines d’autrefois.     Je n’aime qu’elle, et je sens sur mon cœur  la lumière bleue de sa gorge blanche.  Où est-elle ? Où était donc ce bonheur ?  Dans sa chambre claire il entrait des branches.     Elle n’est peut-être pas encore morte  — ou peut-être que... [Lire la suite]
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06 décembre 2014

Maurice Roche (1924 – 1997) : « Je vis la mort à chaque instant… »

  Je vis la mort à chaque instant. J’ai le sentiment d’être venu au monde avec elle dans le crâne. Cela est déterminé sans doute par mon patrimoine génétique et dû aussi peut-être à l’influence de mon milieu. Dans ma famille, depuis la plus haute Antiquité, on a rendu l’âme tant et tant de fois que çà a fini par devenir héréditaire.     Jour après jour, je rêvais mes ténèbres; au fur  de mes nuits blanches,j'imaginais le grand sommeil - la camarde ayant eu le dernier mot de la... [Lire la suite]
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