30 décembre 2014

Giacomo Leopardi (1798 – 1837): A Sylvia / A Silvia

    A Sylvia Sylvia, te souvient-il encore De ce temps de ta vie mortelle, Où la beauté resplendissait Dans tes regards rieurs, furtifs, Et que tu t’élevais, heureuse et sage Aux bords de ta jeunesse?   Les chambres calmes résonnaient, Et les rues à l’entour, De  ta chanson perpétuelle. Assise aux travaux féminins Tu souriais à l’avenir rêveur Que tu portais en toi ; Ainsi dans les senteurs de mai S’écoulaient tes journées   Quittant parfois les études charmeuses, Les pages ensuées ... [Lire la suite]
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29 décembre 2014

Fatho Amoy (1936 - ) : Avis

  Avis   Voyageurs du soir qui suivez la rumeur  Des vagues et l’étoile bleue des baies,  Gardez-vous de trop songer à vos songes  Et d’héberger pour longtemps les chagrins  Qui saccagèrent votre vie passée.  Il est au bout de la nuit une terre tout ensemble  Proche et lointaine que le jour naissant  Exalte d’hirondelles et de senteurs de goyave.  Un pays à portée de cœur et de sourire  Où le désir de vivre et le bonheur d’aimer  Brûlent du même vert... [Lire la suite]
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28 décembre 2014

Tan Da (1888 – 1939) : Le serment des monts et des eaux / Thề non nước

    Le serment des monts et des eaux   Sur les monts et les eaux pèse un serment les eaux s’écoulent, s’écoulent sans fin rejoindront-elles jamais les monts ? souvenirs du serment des monts et des eaux : l’eau n’est pas encore revenue – et le mont se dresse, solitaire – au fil du temps, il languit et espère, la source verse des larmes, au fil des jours et des mois espère et attend, les os de l’abricotier dépéri tiendraient au creux de la main, sur la chevelure des nuages le temps a jeté un... [Lire la suite]
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27 décembre 2014

Norge (1898 – 1990) : C’est un pays

C’est un pays I C’est un pays de  montagne, mettez vos pas dans  mes pas, mes chers amis,  soyez purs soyez fin comme la neige - on entend siffler déjà l’ombre d’un hiver futur : C’est bien plus haut qu’on ne pense, Vous n’êtes pas seuls,  suivez. suivez- moi ; où êtes- vous ? (Ils tombaient sur les genoux) C’est bien plus qu’on ne pense, (Pourquoi n’avancent-ils plus ?)  C’est un pays de silence. Celui qui parle est perdu.     C'est un pays, Éditions Sagesse, 1936 ... [Lire la suite]
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26 décembre 2014

Stephen Crane (1871 – 1900): La guerre est aimable / War is kind

    La guerre est aimable   1 Ne pleure pas jeune fille, la guerre est aimable. Même si ton bien-aimé a tendu ses bras affolés vers le ciel Et que son coursier terrifié s’est enfui, Ne pleure pas. La guerre est aimable.          Tambours rauques et tonnants de la guerre,      Petites âmes assoiffées de batailles ;      Ces hommes étaient nés pour les manoeuvres et pour la mort      La mystérieuse gloire... [Lire la suite]
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25 décembre 2014

Tor Obrestad (1938 -) : Le chant du rivage

Le chant du rivage   Tous les arbres tournent leur dos fouetté vers la mer et de leurs membres noués, ils désignent la terre. Pour nous qui avons été engendrés là-bas le sel est sur notre langue nous ne le crachons pas : il se pose comme une enveloppe blanche autour de nos nerfs et ils pourrissent tard. Sel posé en ombres blanches sur le dos le long des marques du fouet : Non, nous ne dormirons pas ici tant que le bandeau blanc de la  tempête borde les côtes et que les cris blancs des mouettes, des cris... [Lire la suite]
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24 décembre 2014

Percy Bysshe Shelley (1792 – 1822) : « Il y eut une créature… »

Il y eut une créature que mon esprit souvent Rencontrait dans ses errances visionnaires, bien loin, là-haut Dans le clair printemps doré de mon aurore adolescente, Sur les îles féeriques de pelouse au soleil, Parmi les montagnes enchantées et les antres De sommeil divin, et sur les vagues semblables à l’air Du rêve au niveau de merveille, dont la tremblante surface Supportait ses pas légers ; - sur un rivage imaginé, Sous le bec gris de quelque promontoire, Elle me rencontrait, enrobée de si excessive gloire Que je ne... [Lire la suite]
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23 décembre 2014

Yves Elléouët (1932 -1975) : Pencran

Pencran   parfois je dirige mon regard à l’intérieur vers PENCRAN qui semble flotter sur une colline ennuagée   petit café-tabac je m’y vois lamper du vin fort dans des grands verres la pluie crible la vitre on lève la tête tout est noir un ruban de papier tue-mouche pend dans la pénombre une vieille femme indistincte passe un chiffon humide sur le comptoir de bois   l’église est proche de la place aux arbres le cimetière la cerne vers le sud deux ou trois de mes ancêtres y sont désintégrés sous... [Lire la suite]
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22 décembre 2014

Pascal Commère (1951 - ) : Derrière les vitres

Derrière les vitres   Une femme se tient debout derrière les vitres, et celui qu’on enterre aujourd’hui est peut-être son mari, ou son fils, ou quelqu’un qu’elle attend. Alors sa tête penche, comme lorsqu’on attend, que personne ne vient. Et le pays sans bruit ramasse ses ferrailles – il en traîne en tas dans les coins sous la rouille. Et dans ses yeux le jour a la couleur des pièces jaunes, que les marchands de fer paient les jours où il pleut sur le pays sans bruit. Comme lorsqu’on enterre un d’ici, tout à l’heure,... [Lire la suite]
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21 décembre 2014

Constantin Cavafis (Cavafy) / Κωνσταντίνος Πέτρου Καβάφης (1863 -1933) : Les Fenêtres

Les Fenêtres   Dans l’obscurité de ces chambres, où je coule des jours pénibles, je marche de long en large pour trouver des fenêtres – Si pouvait s’ouvrir une fenêtre, quel réconfort ce serait. – Mais il n’y a pas de fenêtres, ou est-ce moi qui n’arrive pas à en trouver. Et peut-être vaut-il mieux ne pas en trouver. Peut-être la lumière causerait-elle un autre supplice. Qui sait quelles choses nouvelles elle découvrirait.   Traduit du grec par Dominique Gandmont In, « Constantin Cavafis. Poèmes ».... [Lire la suite]
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