shelley[1]

Il y eut une créature que mon esprit souvent

Rencontrait dans ses errances visionnaires, bien loin, là-haut

Dans le clair printemps doré de mon aurore adolescente,

Sur les îles féeriques de pelouse au soleil,

Parmi les montagnes enchantées et les antres

De sommeil divin, et sur les vagues semblables à l’air

Du rêve au niveau de merveille, dont la tremblante surface

Supportait ses pas légers ; - sur un rivage imaginé,

Sous le bec gris de quelque promontoire,

Elle me rencontrait, enrobée de si excessive gloire

Que je ne la regardais pas. Dans les solitudes

Sa voix me parvenait par les bois murmurants

Et hors des fontaines, et des odeurs douces

De fleurs, qui, telles des lèvres chuchotant dans leur sommeil

Des doux baisers qui les y avaient bercées,

Ne soufflait que d’elle à l’air énamouré ;

Et hors des brises soit à voix basse ou haute,

Et hors de la pluie de chaque nuage qui passe,

Et hors du chant des oiseaux de l’été,

Et hors de tous sons, de tout silence

 

Traduit de l’anglais par André Koszul,

In « Shelley, poésies », Editions Sorlot, 1943

 

Du même auteur : « Il y eut une créature… » (24/12/2014)