BarzhonegoAlanBotrel[1]

Une fois encore

 

J’ensevelirai jusqu’à mon silence

sous la terre d’une pauvre éternité

- c’est là, je le jure, mon seul désir ce soir –

et mon rire cruel, depuis toujours luttant

en moi, éloignera peines et malheurs.

 

Dormir sans fin sous une terre fertile,

cœur libéré de toute angoisse,

s’effondrer dans la brassée d’oubli

des racines sèches des ifs brûlés

qui chantonnent dans le traître avenir.

 

Freux crépusculaire, plus vieux chanteur,

coasse tout ton saoul, coasse toujours,

pour moi, maigre  squelette sans regret,

sans nul ami sous l’argile,

tout mystère mangé aux corbeaux.

 

Et ma dernière poésie ? Sur ma tombe,

le bruissement des arbres de deuil…

Par leur chant, une fois encore,

envahir, humble, le silence de l’espace,

la paresse éblouie du laurier tranquille.

 

Poésie en Bretagne, 1999 – 2000,

Les Tombées de la nuit, Rennes 

 

Du même auteur : Epire / Epiros (28/04/2017)