rabindranath_tagore[1]

Le même fleuve de vie qui court à travers mes veines nuit et jour court à travers

     le monde 

et danse en pulsations rythmées.

C’est cette même vie qui pousse à travers la poudre de la terre sa joie en innombrables

brind’herbes, et éclate en fougueuse vagues de feuilles et de fleurs.

C’est cette même vie que balancent flux et reflux dans l’océan-berceau de la naissance

     et de la Mort.

Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette vie universelle. Et je m’enorgueillis,

     car le grand battement de la vie des âges, c’est dans mon sang qu’il danse en ce

     moment. 

 

Traduit de l’anglais par André Gide

in Rabindranath  Tagore « L’Offrande lyrique »,

Editions de La Nouvelle Revue Française , 1913

 

Du même auteur :

« Malgré le soir qui s’avance… » (23/04/2017)

« Frère, nul n’est éternel … » (23/04/2018)

« Poète, le soir approche ... » (23/04/2019)