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Victoire

 

Donne-moi tes baisers amers comme des larmes,

Le soir, quand les oiseaux s’attardent dans leurs vols.

Nos longs accouplements sans amour ont les charmes

Des rapines, l’attrait farouche des viols.

 

Tes yeux ont reflété la splendeur de l’orage…

Exhale ton mépris jusqu’en ta pâmoison,

O très chère ! – Ouvre-moi tes lèvres avec rage :

J’en boirai lentement le fiel et le poison.

 

J’ai l’émoi du pilleur devant un butin rare,

Pendant la nuit de fièvre ou ton regard pâlit…

L’âme des conquérants, éclatante  et barbare,

Chante dans mon triomphe au sortir de ton lit !

 

Etudes et préludes,

Alphonse Lemerre éditeur,1901

 

Du même auteur :

Nocturne (06/11/2015)

Devant l’été (06/11/2016)