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Ne rien dire de mon corps

que les sommeils colportent d’une nuit à l’autre

comme un cavalier nu

ne rien dire des veines décousues par les doigts des hommes

ni de cette poitrine sur laquelle marchent les oiseaux

ne pas parler non plus des fées féroces

que le travail a penchées sur leur rouet

surtout ne pas citer les mots

qui ouvriraient mon ventre comme une voile

 

in, Jean Orizet « La poésie française contemporaine »,

Le Cherche-midi éditeur, 2004

 

Du même auteur :

« Gardons ce corps solide… » (05/11/2015)

« Novembre… » (05/11/2016)

« Vague immense de nos voix… » (05/10/2017)

Carrouge (05/11/2018)