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La guitare

Commence le pleur

De la guitare.

De la prime aube

Les coupes se brisent.

Commence le pleur

De la guitare.

Il est inutile de la faire taire.

Il est impossible

De la faire taire.

C’est un pleur monotone,

Comme le pleur de l’eau,

Comme le pleur du vent

Sur la neige tombée.

Il est impossible

De la faire taire.

Elle pleure sur des choses

Lointaines.

Sable du Sud brûlant

Qui veut de blancs camélias.

Elle pleure la flèche sans but,

Le soir sans lendemain,

Et le premier oiseau mort

Sur la branche.

Ô guitare !

Ô coeur à mort blessé

Par cinq épées.

 

Traduit de l’espagnol par Pierre Darmangeat, 

in « Anthologie bilingue de la poésie espagnole », Editions Gallimard (La Pléiade), 1995

 

Du même auteur :

Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías / Llanto por Ignacio Sánchez Mejías (19/12/2015)

Embuscade / Sorpresa (19/12/2016)

Chanson du cavalier /Canción de Jinete (19/12/2017)

Village /Pueblo (19/12/2018)

 

 

 

La guitarra

Empieza el llanto

De la guitarra.

Se rompen las copas

De la madrugada.

Empieza el llanto

De la guitarra.

Es inútil callarla.

Es imposibile

Callarla.

Llora monótona

Como llora el agua,

Como llora el viento

Sobre la nevada.

Es imposibile

Callarla.

Llora por cosas

Lejanas.

Arena del Sur caliente

Que pide camelias blancas.

Llora flecha sin blanco,

La tarde sin mañana,

Y el primer pájaro muerto

Sobre la rama.

¡ Oh guitarra!

Corazón malherido

Por cinco espadas.

 

Poema de la siguiriya gitana, in Poema del cante jondo, 1921

 

Poème précédent en espagnol :

Pablo Neruda  : Dernières volontés / Disposiciones (02/11/2014)

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