antonio_jose[1]

Le mort vivant

 

Je suis, ô Taramelle, un vivant mort,

Car pour toi je m’imagine mort et vivant,

Mais ne croit pas que je vis parce que je suis vivant,

Puisque, bien que vivant, je suis mort.

 

Dans la fosse de ton dédain, tu m’enterres mort,

Par un signe de ta faveur, tu me ranimes vivant.

Si tu me caresses, je m’éveille comme un vivant,

Si tu me repousses, je me refroidis comme un mort.

 

Dans ce combat, tantôt mort, tantôt vivant,

Dans la vie, par une faveur, tu me ranimes mort,

Dans la mort, par un dédain, tu m’assassines vivant.

 

Bref, je suis un mort vivant, un vivant mort,

Phénix dans les cendres, quand je suis vivant,

Papillon dans les flammes, quand je suis mort

 

Traduit du portugais par Valentin Parnac, in revue « Bifur, N°6, 1930 »