arton12[1]

et je m'écoute
mot par mot
de plus en plus bas pour aller
de plus en plus loin silence
en mettant de plus en plus
de silence mot après mot
parce que plus il y a de
silence dans un mot plus il 
va loin sous le bruit des langues
ces mots-là on les retrouve
des années silence
après
tant qu'on ne sait plus même d'où
ils viennent
qui
ils nous apportent
pourtant c'est là que nos mains
retrouvent
le temps en nous

in Jean Orizet « La poésie française contemporaine », Le Cherche-Midi éditeur, 2004