07 septembre 2014

Ji Xian (1930 - ) : « Mince comme une feuille de papier… »

  Mince comme une feuille de papier la jeunesse qui enveloppe une tête de mort. Rapide comme une flèche la vie qui précède la mort. Le mince papier, trop fragile, se déchire ! La vie n’est qu’une unique flèche ! 1930 Traduit du chinois par Martine Vallette-Hémery In « Le ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise », Editions Circé, 2004
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06 septembre 2014

Kenneth White(1936 - ) : « et aussi l’effort… »

  et aussi                                   l’effort                       de saisir et de dire                                    cela  tout le foisonnant univers ... [Lire la suite]
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04 septembre 2014

Mohammed Afifi Matar (1935 – 2010) : Lune rouge

    Lune rouge Perçant les murs du village, La tombe égorgée s’envole. Les chauves-souris du soir affluent Et les lanternes s’éteignent. Perçant l’air du village, les araignées tombent Et en récitant leurs oraisons funèbres légendaires, Les criquets grincent terriblement… Ravagent… les astres des ténèbres. Les auges s’emplissent alors De cendres, lorsque la faim expire.   Notre village est une vieille aux dents arrachées par le pain. Sur ses seins se pavanent les hannetons, errent les charançons. Dans... [Lire la suite]
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03 septembre 2014

André Chénier (1762 – 1794) : Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre

Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre Animent la fin d'un beau jour Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre.  Peut-être est-ce bientôt mon tour.  Peut-être avant que l'heure en cercle promenée  Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa route est bornée,  Son pied sonore et vigilant. Le sommeil du tombeau pressera ma paupière. Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,  Peut-être en ces murs effrayés Le messager de... [Lire la suite]
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02 septembre 2014

Antonio Ramos Rosa (1924- 2013) : La femme dilacérée / A mulher dilacerada

La femme dilacérée Tu avais le goût de la terre sombre et de l'amère écume d'un arbre. J'ai découvert ton visage sali travaillé par le vent et les marées noires. Un tournesol nuageux te faisait de l'ombre. Ton visage se penchait sur une épaule matinale dilacérée. Tes jambes fermes étaient d'atroces nerfs enracinés dans la pierre. Sur tes seins neutres rebondissaient les vagues lourdes et les métaux furieux. Le monde s'était obscurci dans tes hanches dilacérées Tel un oiseau nocturne en des miroirs abolis tu... [Lire la suite]
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01 septembre 2014

Edouard Glissant (1928 – 2011) : « La forêt subitement hurle à la vie… »

         La forêt subitement hurle à la vie. Les étoiles, rôdeuses, envahissent les écluses. Vivante ô vivante, reine. Tes pieds vont le chemin, manguiers abandonnés. Ta peau retournée est un labour rouge. Vivante        ô vivante mon matin de prairie, toi ma nuit de prairie violée au combat des taureaux. Tu as glissé dans l’eau les halètements de ta silhouette coupée de verre. Au gué la plage noire le sable noir des caresses. Dans l’astre bel astre de tes mains.... [Lire la suite]
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