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Ne fais pas de ta vie un désert. N’en expulse

Ni Dieu ni les divins qui t’ont permis de vivre

Un peu plus qu’un instant ici même où tu es

Sans que tu saches la raison. Entre les herbes,

Le ruisseau brille et nous murmure quelque chose

Que nous ne comprenons pas, bien que le chant, comme

L’eau, en soit clair. Pas plus, tu ne déchiffres l’A

B C que la buse épelle en miaulant sur

Son erre, ni le jaune intense des crépides

Face au soleil tout-puissant que les oiseaux noirs,

Haut perchés sur le coteau, acclament. Le vent,

Le perpétuel, quant à lui, propage à notre

Insu, se mêlant aux peupliers, les parties

Du discours qui nous font amèrement défaut .

 

Auchy, mercredi 18 Août 1993


 

Registre,

Editions Champ Vallon, 1999

Du même auteur :

 « C’est ce que j’aime…  »  (27/08/2015)

« Un arbre éperdument… » (27/08/2016)

Brindilles au ciel (24/01/2018)

 

« Quelque chose au ras de l’eau... » (01/06/2019)