c-hebert_anne[1]

Soleil dérisoire

 

Soleil jaune au poing

Elle s'appelle Liberté

On l'a placée sur la plus haute montagne

Qui regarde la ville

Et les pigeons gris l'ont souillée

Jour après jour

 

Changée en pierre

Les plis de son manteau sont immobiles

Et ses yeux sont aveugles

Sur sa tête superbe une couronne d'épines et de fiente

 

Elle règne sur un peuple de tournesols amers

Agités par le vent des terrains vagues

Tandis qu'au loin la ville fumante

Se retourne sur son aire

Et rajuste les chaînes aux chevilles des esclaves.

 

Le jour n’a d’égal que la nuit.

Editions du Boréal,1992

 

Du même auteur :

Neige (07/09/2016)

Fin du monde (15/09/2017)