Bai_Qiu_author01a[1]

Les oies sauvages

 

Nous sommes toujours en vie. Et il nous faut voler

à travers le ciel infini

l’horizon se dérobe de plus en plus loin et nous leurre

pour nous tenir en vie. Poursuite sans trêve

nous le croyons proche mais levant les yeux nous le voyons encore hors d’atteinte

 

le ciel est encore le ciel où volaient nos ancêtres

vaste vide, exhortation immuable

comme nos ancêtres nous battons encore des ailes dans le vent

la même volonté nous enfonce dans un cauchemar sans fin

 

entre la terre noire et

le ciel sans fond d’un bleu mystérieux

notre seul avenir est un horizon

qui nous leurre

nous mourrons lentement dans notre poursuite, nous mourrons comme

le soleil couchant se refroidit sans le sentir. Il nous faut toujours voler

en suspens dans l’espace infini, solitaires comme une feuille dans le vent

 

et les bords glacés des nuages

nous observent d’un regard glacial

 

1969

 

Traduit du chinois par Martine Vallette – Hémery

In «  le ciel en fuite. Anthologie de la nouvelle poésie chinoise ».

Editions Circé, 2004

 

Du même auteur : mille routes, mille arbres (31/01/2019)

 

 

 

 

我们仍然活着。仍然要飞行

在无边际的天空

地平线长久在远处退缩地引逗着我们

活着。不断地追逐

感觉她已接近而抬眼又是那么远离

 

天空还是我们祖先飞过的天空。

广大虚无如一句不变的叮咛

我们还是如祖先的翅膀。鼓在风上

继续着一个意志隐入一个不完的魇梦

 

在黑色的土地与

奥蓝而没有底部的天空之间

前途只是一条地平线

逗引着我们

我们将缓缓地在追逐中死去死去如

夕阳不知觉的冷去,仍然要飞行

悬空在无际涯的空中孤独如风中的一叶

 

而冷冷的云翳

冷冷地注视着我们。