Louis-Guillaume[1]

Le jour tout neuf

 

Le jour tout neuf est là. Il ne sait pas encore

Qu’il est né. Sur la mer et le sable, il s’allonge

Et, travaillé par l’ombre, il poursuit son sommeil

Jusqu’au soir. Le couchant alors lui fait sentir

Qu’il a vécu, qu’il part et qu’il est illusoire

Autant que le cœur noir du silence est réel.

 

Cependant les oiseaux vont déployer leurs ailes,

Les enfants vont sourire aux volets de l’aurore.

Statue aux yeux vivants où fermente le rêve,

L’homme va s’enliser dans les bruits de la ville.

Il n’a pas entendu se refermer la porte

Mais s’ouvre en lui, sur la lumière, la nuit neuve.

 

Le sillage seul,1967

 

Du même auteur :

« Incertitude… »  (16/06/2015)

 L’Oiseau d’écume (23/03/2020)