AVT_Jacques-Prevel_801[1]

Dans le temps dans la nuit

Je te parlerai

Dans le temps dans la nuit je pourrai répondre à voix basse

Le seul moment que la vie m'a volé

Dans le temps dans la nuit je retrouverai ton visage

Et la forme de mon visage

Je te parlerai dans le temps je te parlerai dans la nuit

J'écarterai enfin l'affreuse douleur de mon silence

J'écarterai enfin les jours mortels

Je te parlerai hors du temps je te parlerai dans la nuit

J'effacerai les traces amères de l'attente

J'effacerai le traces amères de l'oubli

Dans mes deux mains ouvertes je prendrai ton visage

Ton seul visage d'un seul instant mortel

Je te parlerai hors du temps j'écarterai la nuit

Je reprendrai les mots absolus

Pour te les dire enfin avec ma voix pareille

A la lumière. 

 

Poèmes pour toute mémoire, 

Jacques Haumont éditeur, 1947

 

Du même auteur :

« Ce que je peux dire... » (04/06/2015)

« Enfant je me suis étonné… » (04/06/2016)

"Au moment d’écrire..." (04/06/2017)

« J’ai souffert... » (04/06/2018)

En dérive vers l’absolu (04/06/2019)