31 mai 2014

Paul Fort (1872 - 1960) : Le chat borgne

    Le Chat borgne   La femme est aux varechs, l’homme est à la Guyane Et la petite maison est seule tout le jour Seule ? Mais à travers les persiennes vertes, on voit luire dans l’ombre comme une goutte de mer. Quand le bagne est à l’homme, la mer est à la femme, Et la petite maison au chat borgne tout le jour Du même auteur : Le bonheur (30/05/2015)  Si le bon Dieu l’avait voulu (30/05/2016) Le chef de saint Denys (10/10/2017)    
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30 mai 2014

Tristan Corbière (1845 - 1875) : La Fin

            La Fin Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis !... ………………………………………………………………………..   Combien de patrons morts avec leurs équipages ! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée... ……………………………………………………………….. Nul ne saura vos noms, pas même une humble pierre Dans... [Lire la suite]
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29 mai 2014

Paul Valéry (1871 - 1945) : La fileuse

La Fileuse Assise, la fileuse au bleu de la croisée  Où le jardin mélodieux se dodeline ;  Le rouet ancien qui ronfle l'a grisée.   Lasse, ayant bu l'azur, de filer la câline  Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,  Elle songe, et sa tête petite s'incline.   Un arbuste et l'air pur font une source vive  Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose  De ses pertes de fleurs le jardin de l'oisive.   Une tige, où le vent vagabond se repose,  Courbe le salut vain de sa... [Lire la suite]
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26 mai 2014

André Frédérique (1915 - 1957) : Honneurs

    Honneurs      Comme il venait d'être élu pape, une grande fierté l'envahit. Il oublia ses amis du petit café : les joueurs de manille, les joueurs de boule, les garçons et même la fille à l'ombrelle.      Parfois sollicitant une audience un des vieux arrivait, après avoir traversé d'immenses salles vides dont le parquet reflétait son corps, jusqu'à son trône doré,  cachant dans sa poche un vieux jeu de cartes qu'il sortait humblement pour lui... [Lire la suite]
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25 mai 2014

Paul Verlaine (1844 -1896) : Le ciel est par - dessus le toit

  Le ciel est, par - dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit, Berce sa palme. La cloche, dans le ciel qu'on voit, Doucement tinte. Un oiseau sur l'arbre qu'on voit Chante sa plainte. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là Vient de la ville. Qu'as-tu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse, Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, De ta jeunesse ?   Sagesse, 1881   Du même auteur : Colloque sentimental (25/05/2014) « Je... [Lire la suite]
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24 mai 2014

Louis Aragon (1897 - 1982) : Vingt ans après

Vingt ans après   Le temps a retrouvé son charroi monotone Et rattaché ses boeufs lents et roux c'est l'automne Le ciel creuse des trous entre les feuilles d'or Octobre électroscope a frémi mais s'endort   Jours carolingiens Nous sommes des rois lâches Nos rêves se sont mis au pas mou de nos vaches A peine savons-nous qu'on meurt au bout des champs Et ce que l'aube fait l'ignore le couchant   Nous errons à travers des demeures vidées Sans chaînes sans draps blancs sans plaintes sans idées ... [Lire la suite]
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23 mai 2014

Gérard de Nerval (1808 - 1855) : El Desdichado

El Desdichado     Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé, Le prince d'Aquitaine à la tour abolie : Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé Porte le soleil noir de la Mélancolie.     Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé, Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie, La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé, Et la treille où le pampre à la rose s'allie.     Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ? Mon front est rouge... [Lire la suite]
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22 mai 2014

Henri Michaux (1889 - 1984) : "Mais Toi, quand viendras - tu?"

    Mais Toi, quand viendras-tu ? Un jour, étendant Ta main Sur le quartier où j’habite, Au moment mûr où je désespère vraiment ; Dans une seconde de tonnerre, M’arrachant avec terreur et souveraineté De mon corps et du corps croûteux De mes pensées-images, ridicule univers ; Lâchant en moi ton épouvantable sonde, L’effroyable fraiseuse de Ta présence, Elevant en un instant sur ma diarrhée Ta droite et insurmontable cathédrale ; Me projetant non comme homme Mais comme obus dans la voie verticale, TU... [Lire la suite]
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21 mai 2014

Raymond Queneau (1903 - 1976) : "Quand nous pénétrerons la gueule de travers..."

            Quand nous pénétrerons la gueule de travers dans l’empire des morts   avecque nos verrues nos poux et nos cancers comme en ont tous les morts   lorsque narine close on ira dans la terre rejoindre tous les morts   après dégustation de pompe funéraire qui asperge les morts   quand la canine molle on mordra la poussière que font les os des morts   des bouchons dans l’oreille et le bec dans la bière abreuvoir... [Lire la suite]
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20 mai 2014

Pierre de Ronsard (1524 - 1585) : "Mignonne allons voir si la rose"

                                                                                                                       A Cassandre Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point... [Lire la suite]
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