Michaux[1]

 

Mais Toi, quand viendras-tu ?

Un jour, étendant Ta main

Sur le quartier où j’habite,

Au moment mûr où je désespère vraiment ;

Dans une seconde de tonnerre,

M’arrachant avec terreur et souveraineté

De mon corps et du corps croûteux

De mes pensées-images, ridicule univers ;

Lâchant en moi ton épouvantable sonde,

L’effroyable fraiseuse de Ta présence,

Elevant en un instant sur ma diarrhée

Ta droite et insurmontable cathédrale ;

Me projetant non comme homme

Mais comme obus dans la voie verticale,

TU VIENDRAS .

 

Tu viendras, si tu existes,

Appâté par mon gâchis,

Mon odieuse autonomie ;

Sortant de l’Ether, de n’importe où, de dessous

    Mon moi bouleversé peut-être ;

Jetant mon allumette dans Ta démesure,

Et adieu, Michaux.

 

Ou bien, quoi ?

Jamais ? non ?

Dis ; Gros lot, où veux-tu donc tomber ?"

 

Plume, précédé de Lointain intérieur

Editions Gallimard, 1938

Du même auteur : 

Arriver à se réveiller (22/05/2015)

Contre !  (22/05/2016)

Emportez-moi (22/05/2017)

L’époque des illuminés (22/05/2018)