AVT_Antonin-Artaud_3235[1]

 

Il faut que l’on comprenne que toute l’intelligence n’est qu’une vaste éventualité,

et que l’on peut la perdre, non pas comme l’aliéné qui est mort, mais comme

un vivant qui est dans la vie et qui en sent sur lui l’attraction et le souffle

(de l’intelligence, pas de la vie).

Les titillations de l’intelligence et ce brusque renversement des parties.

Les mots à mi-chemin de l’intelligence.

Cette possibilité de penser en arrière et d’invectiver tout à coup sa pensée. 

Ce dialogue dans la pensée.

L’absorption, la rupture de tout.

Et tout à coup ce filet d’eau sur un volcan, la chute mince et ralentie de l’esprit.

***

Il ne me faudrait qu’un seul mot parfois, un simple petit mot sans importance,

pour être grand, pour parler sur le ton des prophètes, un mot témoin, un mot

précis, un mot subtil, un mot bien macéré dans mes moelles, sorti de moi, qui 

se tiendrait à l’extrême bout de mon être,

 

et qui, pour tout le monde, ne serait rien.

 

Le  pèse -nerf, 1925 

Du même auteur :

Position de la chair (24/01/2015)

Invocation à la Momie (25/01/2016)

Prière (25/01/2017)

« Les êtres /ne sortent pas … » (25/01/2018)

Le navire mystique (25/01/2019)